Ceux qui veulent diriger nos vies, puisque c'est de cela qu'il s'agit savent-ils
toujours lorsqu'ils font partie ou militent pour des organisations partisanes
(partis politiques) de quoi ils parlent en évoquant le socialisme, le
capitalisme, le libéralisme ou cherchent-ils à peindre le monde en noir et
blanc ?.
En donner une vision binaire : les bons (eux) et les mauvais (les
autres).
Toutes les organisations ont une hiérarchie, une base et des
dirigeants.
Dans le cas des partis politiques, la base devrait être la plus
large possible pour montrer la "force" du parti lors des meetings et des
rassemblements et applaudir, c'est bien le moins, les dirigeants et, mieux
encore, les suivre et les reconduire dans leur rôle de dirigeants.
Cela
semble évident. Comme il semble "normal" de séduire la base pour conforter le
parti et augmenter son influence, son pouvoir.
Le plus simple étant l'emploi de
concepts... simples et faciles à comprendre qui peuvent convenir au plus grand
nombre, des mots "universels" : Liberté, Justice, Égalité, etc.
Dans le but que
le nom du parti corresponde à ces mots.
Du marketing en quelque sorte. Inutile donc d'entrer dans les détails du produit à vendre pourvu qu'on
l'achète.
À ce stade, nous ne savons toujours pas vraiment ce que sont le
socialisme, le capitalisme, le libéralisme.
Il serait très utile d'en savoir
plus.
Faut-il s'en remettre à ces organisations partisanes pour le savoir
?.
Vouloir ou défendre le pouvoir (tout faire pour l'obtenir ou le
conserver) dans un monde qui pourrait vite devenir "violent", celui de la
politique, n'est pas une garantie d'objectivité.
Et donc ?.
Il reste les politologues, les historiens pour défricher le terrain.
Le
monde à son histoire, les partis et mouvements politiques ont aussi la leur, tout
comme ces mots : socialisme, capitalisme, libéralisme.
Cette histoire évolue avec le temps.
Ce qui était pour certains une vérité
absolue il y a deux cents ans ne l'est plus nécessairement aujourd'hui et il en
sera sans doute de même demain.
L'Histoire retient
des dirigeants du monde peu de grands bienfaiteurs de l'Humanité, mais beaucoup
de tyrans, de dictateurs qui ont aussi suscité et entretenu le fanatisme (lien) pour
conduire à des centaines de millions de victimes.
Faut-il s'en étonner alors que certains dirigeants voulant se donner le visage
de la bonté pour leurs peuples se sont révélés ensuite être des tyrans
sanguinaires pour ce même peuple ?.
Une histoire du pouvoir et de ce qui en est fait aussi en brandissant un drapeau idéologique.
Aujourd'hui que reste-t-il des grandes idéologies ?.
Idéologies... politiques ?.
Une idéologie politique est un ensemble d'idées, de croyances, d'opinions et de
valeurs qui :
(1) présentent un modèle
(2) sont organisés par des
groupes significatifs
(3) sont concurrentes et se disputent pour livrer et
fournir des plans de contrôle de l'ordre de la société.
(4) agissent dans le
but de justifier, de contester ou de changer les dispositions et les processus
sociaux et politiques de la communauté (politique).
Au risque de
décevoir, peu de choses (face au pouvoir de l'argent).
Bien entendu, il reste possible de vouloir changer le (de) monde encore faut-il en avoir les moyens sans massacres, guerres, génocides... si souvent employés aussi par les 'dirigeants' du monde.
Les politiciens ont perdu de leurs pouvoirs, même
si les gouvernements, parlements existent encore tout comme les partis
politiques.
Au début du vingt et unième siècle, une partie du pouvoir
politique a été perdue au profit de celui du monde de la finance (des banques)
qui n'a jamais été aussi puissant.
Une puissance que les politiciens de toute tendance politique ont acceptée et même favorisée en devenant les 'clients' assidus de ce monde de la finance (en créant des dettes publiques importantes dont les remboursements des seuls intérêts sont une charge considérable à financer par taxes, impôts...).
S'il reste possible de déclarer pour un
candidat à l'élection présidentielle d'un grand pays respectable (la France) :
"Mon ennemi c'est la finance" et "Je n'aime pas les riches" (tout en payant
l'impôt sur la fortune).
Ou, pour d'autres, de tenir des discours de
souveraineté nationale retrouvée. Cela reste des phrases et discours qui
séduisent une partie des électeurs, mais qui ne sont pas le moteur d'un
pays.
Les pays sont endettés (par les politiciens) et les centaines
de milliards d'euros sont prêtés (et reçus en paiement des intérêts) par des banques.
Peu importe que le
remboursement intégral de ces dettes publiques ne soit pas demandé, les intérêts
sont payés et les prêts peuvent continuer d'autant plus que derrière les États
se trouvent les contribuables (entreprises, individus) qui seront sollicités.
Donc des prêts sans risques pour les prêteurs.
Un politicien désire le
"pouvoir" (même s'il cédera à celui de l'Économie et de la finance), augmenter
les taxes et impôts n'est pas la meilleur des propositions à faire aux électeurs
pour obtenir ou conserver ce pouvoir. Un autre déclarera bien vite qu'il a
choisi de les diminuer.
L'enjeu sera de plus ou moins d'endettement collectif,
mais... un endettement très important implique des intérêts très importants à
payer. Et comment ne pas imposer l'austérité aux populations sans croissance
économique des pays pour financer ces dettes publiques ?.
Il ne fallait pas s'endetter à un tel niveau pour certains pays ?. Sans doute.
On entend plus
souvent prononcer le mot croissance dans la bouche des dirigeants politiques en
place, en dehors des campagnes électorales, que socialisme, capitalisme,
libéralisme.
Un appel à l'Histoire récente...
Le socialisme ?
En 1867 Karl Marx a mis fin au
premier volume de son travail Das Kapital sur une note triomphante.
Un point
serait atteint quand le système capitaliste 'romprait' et à ce stade :
«
Le glas de sonner pour la propriété privée capitaliste. Les expropriateurs sont
expropriés. »
Depuis plus de cent ans, beaucoup de socialistes ont cru et
beaucoup de leurs adversaires ont craint que Marx ait eu raison : le capitalisme
serait remplacé par le socialisme.
Comme les choses ont changé
!.
Ces dernières années, et particulièrement depuis la chute subite du
bloc soviétique entre 1989 et 1991, un renversement dramatique a eu
lieu.
C'est maintenant le capitalisme qui est triomphant, beaucoup de partis politiques connaissent des moments difficiles.
La question reste : Qu'est-ce que le socialisme ?.
Ceux qui attaquent ou
défendent souvent le socialisme prennent sa signification comme évidente en
soi.
Donc les adversaires de toutes les formes de socialisme ont été aiguisés
pour rejeter l'idée entière en l'égalant en particulier avec ses manifestations
les plus répulsives, particulièrement la dictature stalinienne dans l'Union
soviétique à partir de la fin des années 1920 jusqu'à 1953.
De même, ses
partisans ont eu tendance à identifier le socialisme à la forme particulière
qu'ils ont préférée.
Lénine l'avait une fois défini comme 'le pouvoir
soviétique plus l'électrification', pendant qu'un politicien
britannique, Herbert Morrison, a soutenu que le socialisme était 'ce qu'un
gouvernement du Travail fait.'
Pourtant, le socialisme a pris bien trop
de formes pour être qualifié uniquement de ces façons.
Effectivement,
certains l'ont vu essentiellement comme ensemble de valeurs et théories et ont
nié que les politiques de tout État ou parti politique ont eu une quelconque
pertinence pour l'évaluation du socialisme comme une doctrine.
Cette position
de puriste est à l'autre extrême de Lénine et de Morrison.
En fait, le
socialisme a été tant centraliste que local; organisé d'en haut et construit
d’en bas; visionnaire et pragmatique; révolutionnaire et réformiste;
anti-étatiste et étatiste; internationaliste et nationaliste; harnaché aux partis
politiques et voulant les fuir; une excroissance de syndicalisme commercial et
indépendant de lui; sexiste et féministe.
Une façon de discuter un
phénomène si divers est de réclamer que toutes les formes de socialisme
partagent une caractéristique fondamentale, ou essence, par lesquelles la
doctrine peut être définie.
Certainement, cela simplifierait l'analyse, mais
cette approche dégénère normalement dans les assertions assez doctrinales de la
nature du 'vrai socialisme' et devient une arme à utiliser contre les
hérétiques.
Dans un certain point de vue, la caractéristique la plus
fondamentale du socialisme est son engagement à la création d'une société
égalitaire.
Les socialistes peuvent ne pas avoir été d'accord au sujet de
l'ampleur avec laquelle l'inégalité peut être extirpée ou les moyens par
lesquels le changement peut être effectué, mais aucun socialiste ne devrait
défendre les inégalités de richesse et de pouvoir.
Inégalités de
richesses et de pouvoir pourtant bien présent aussi dans les partis politiques qui
utilisent le mot « socialiste » pour se définir et diriger la société socialiste
qu’ils disent vouloir.
Il suffit de comparer les dirigeants et les militants de
ces partis politiques pour s’en convaincre.
En particulier, les
socialistes ont maintenu que, sous le capitalisme, les vastes privilèges et les
opportunités sont tirés de la propriété héréditaire du capital et de la richesse
à une fin de l'échelle sociale, pendant qu'un cycle de privation limite les
opportunités et l’influence à l'autre fin.
Dans des mesures d’ampleurs
variables, tous les socialistes ont défié par conséquent les rapports de la
propriété qui sont fondamentaux au capitalisme et ont aspiré pour établir une
société dans laquelle tout le monde a la possibilité de chercher sa réalisation
sans être en face de barrières basées sur les inégalités structurelles.
Malheureusement, parfois, pour établir d’autres barrières liées à
l’appartenance ou non des individus au mouvement socialiste.
Dans des mesures
variables, les socialistes ont donc défié les rapports de propriété qui sont
fondamentaux pour le capitalisme et aspiré pour établir une société dans
laquelle tout le monde a la possibilité de chercher la réalisation sans être en face de barrières basées
sur les inégalités structurelles.
Une seconde caractéristique rattachée
de près au socialisme, a été une conviction en la possibilité de construire un
système égalitaire alternatif basé sur les valeurs de solidarité et de
coopération.
Mais cela a à son tour dépendu d'une troisième caractéristique :
une vue relativement optimiste des êtres humains et de leur capacité de coopérer
entre eux.
La mesure, des deux, de l'optimisme et de sa nécessité pour la
construction d'une nouvelle société, varie considérablement :
- Pour ceux
qui croient dans la possibilité d'établir des communautés gouvernantes de soi
sans hiérarchie ou loi, la conception optimiste de la 'nature humaine' est
essentielle.
- Pour d'autres qui ont préféré des partis hiérarchiques et
des États, un tel optimisme pourrait être plus limité.
Il est aussi sans
doute vrai que, dans le monde après le Nazisme* (et son utilisation
du Parti national-socialiste des ouvriers allemands pour prendre le pouvoir et construire un régime abject) en
Allemagne et le Stalinisme* en URSS, l'optimisme de
certains a été tempéré par les réalités dures.
Néanmoins, les socialistes
ont toujours repoussé des vues qui accentuent à tout moment intérêt individuel
et compétition comme les facteurs motivants seuls le comportement humain dans
toutes les sociétés.
Ils ont considéré cette perspective comme le produit d'un
genre particulier de société, plus tôt que comme un fait indéracinable au sujet
d'êtres humains.
Finalement, la plupart des socialistes ont été
convaincus qu'il est possible de faire des changements significatifs dans le
monde par l'action humaine consciente.
Il est vrai que certains
interprètes de Marx ont insisté sur le déterminisme économique à tel point que
leur conviction dans le rôle des gens dans le fait de provoquer le changement
était quelquefois difficile à discerner.
Quand même, en général, la
résignation passive à la situation existante est éloignée des socialistes. Ils
ont partagé cette vue avec les capitalistes et les libéraux, en s'opposant à eux
dans d'autres aspects.
Pour le capitalisme, le libéralisme et le
socialisme sont tous les produits de l'ère moderne dans leur conviction que les
êtres humains peuvent agir comme des sujets d'histoire, plutôt que déterminer
leurs fortunes par le destin, l'habitude, la tradition, ou la
religion.
Ces caractéristiques communes aident à distinguer le socialisme
d'autres doctrines, idéologies et systèmes, mais c'est aussi très
divers.
Ce n'est pas surprenant quand son évolution et son développement
sont considérés.
Si le socialisme moderne est né dans l’Europe du 19e
siècle, il a été par la suite façonné par et s'est adapté à une gamme entière de
sociétés.
Par exemple, l'émergence du communisme comme un rivage séparé du
socialisme suite à la Révolution en Russie en 1917 a renforcé son appel dans
beaucoup de pays en développement qui étaient toujours contrôlés par les empires
européens.
Pourtant, le communisme devait aussi prendre différentes formes comme
il a été adapté aux conditions locales et fusionné avec les mouvements pour
l'indépendance nationale.
« Socialistes ? »
Certains ont localisé les
origines de la doctrine socialiste à Platon, d'autres au Christianisme et
beaucoup, avec la plus grande plausibilité, aux mouvements radicaux dans la
Guerre civile anglaise au 17e siècle.
Pourtant, le socialisme moderne,
avec son ensemble évoluant et continu des idées et des mouvements, a émergé au
début du 19e siècle en Europe.
Les raisons pour cela ont été longtemps
discutées, mais il est largement convenu que les changements économiques et
sociaux très rapides, associés à l'urbanisation et à l'industrialisation, ont
été d’une importance particulière.
Ceux-ci ont non seulement sapé
l'économie rurale, mais mené à un échec des normes et valeurs qui avaient étayé
l'ordre traditionnel.
Les libéraux de l'époque ont accueilli cette
transformation, concernant l’entreprise capitaliste et le nouvel individualisme
comme l'incarnation de progrès et de liberté.
Cependant, les socialistes
ont différé sur deux aspects de la perspective des libéraux.
En premier,
plutôt qu'individualisme, ils ont eu tendance à accentuer communauté,
coopération et qualités de l'association qu'ils croyaient être mis en danger par
les développements contemporains.
Et, deuxièmement, plutôt que célébrer le
progrès proclamé émanant de l'entreprise capitaliste, ils ont été préoccupés par
l'inégalité massive qu'il provoquait, comme d'anciens paysans et des artisans
ont été rassemblés dans les villes encombrées et forcés de travailler dans les
nouvelles usines pour des salaires pitoyablement bas.
C'était dans ce
contexte que le terme 'le socialiste' a été d'abord utilisé dans le Magazine
Coopératif de Londres en 1827.
La grande question était de savoir s’il
était plus salutaire que le capital devait être possédé individuellement ou
devait être tenu en commun. Ceux qui croyaient le dernier choix étaient ‘les
Communistes et Socialistes’.
« Les
utopistes »
L'étiquette 'utopique' a été attachée par la
suite à quelques-uns des premiers socialistes par Karl Marx et
Friedrich Engels - Lien.
 |
| Engels (1820-1895) |
Il a été projeté de transporter des attitudes
négatives vers eux, en suggérant la naïveté et l’échec d'enraciner leurs idées
dans l’analyse économique, et politique.
Plus généralement, la notion de
'utopisme' a souvent été utilisée pour renvoyer des projets regardés comme
irréalistes ou capricieux.
Cependant, pour certains, son usage ici n'implique
pas acceptation de ces connotations péjoratives.
Au contraire, l'utopisme pour
eux est un élément essentiel dans tout projet de transformation sociale, en
incluant le socialisme.
La caractéristique commune la plus évidente dans
les projets transformationnels des socialistes utopiques était la conviction
qu'une société basée sur l'harmonie, l'association et la coopération pourrait
être établie par la vie en communautés et le travail.
De telles communautés
ont été remises sur pied tant en Europe qu'en Amérique et bien qu'ils aient
mélangé échec et succès, la contribution la plus importante des utopistes était
en masse leur présentation de projets pour une nouvelle société qui ont été
vraiment mis en pratique.
« Anarchisme »
L'anarchisme couvre une
gamme très étendue d'opinions, et tous les anarchistes ne sont pas
socialistes.
Une forme distinctive d'anarchisme qui a été associée à
Pierre-Joseph Proudhon (1809-1865)
 |
| Proudhon |
et à Mikhaïl Bakounine (1814-1876) mérite
d’être mentionnée.
Indépendamment de renforcer la vision utopique des
communautés décentralisées, ses contributions principales au socialisme étaient
son opposition intransigeante à l'état, et sa croyance qu'un mouvement
révolutionnaire préfigure la société qu’il a souhaité créer.
De telles
vues ont contenu une critique des formes de socialisme qui deviendraient plus
tard dominantes.
Proudhon - Lien est né à Besançon dans le sud-est de la France
et sa perspective était essentiellement rurale.
Il était antiféministe,
anti-homosexuel, et extrêmement puritain.
Sa société idéale est restée celle
dans laquelle les paysans indépendants étudieraient et vivraient dans des
conditions plutôt de base.
Cependant, il était plus radical que la plupart
des socialistes utopiques dans les termes sociaux et politiques.
Son
expression, 'Qu’est-ce que la Propriété ?. La propriété c’est le Vol',
laquelle a paru en premier dans sa brochure Qu’est-ce que la Propriété ? (1840),
était un des slogans révolutionnaires les mieux connus du 19e siècle.
Ses travaux plus tardifs étaient plus complexes, mais la continuité de
base dans les croyances de Proudhon était que tous les systèmes de
gouvernement sont oppressifs.
Comme il l’a expliqué, si les gens
avaient travaillé juste pour eux-mêmes et leurs familles, il n'y aurait aucune
exploitation parce que rien ne serait produit pour les patrons qui n'avaient
aucune vraie fonction à ses yeux.
Proudhon a cru que des états et des
gouvernements centralisés ont été inextricablement reliés au système économique,
parce que les gouvernements ont fonctionné de concert avec les capitalistes
contre les gens du commun.
Son anarchisme était devenu une vraie force
politique parmi une grande section de la classe ouvrière en France dans les
années 1860, quand la doctrine est également entrée dans le courant principal du
socialisme et du radicalisme européen.
Cependant, c'est Bakounine - Lien (né à
environ 150 km de Moscou) qui a vraiment défié le Marxisme pour prendre
l’ascendant dans les mouvements ouvriers en voie de
développement.
Bakounine était un rebelle constant. Il a rencontré
Proudhon, Marx, et d'autres intellectuels radicaux à Paris en
1840.
 |
| Bakounine |
Probablement toujours d’avantage intéressé dans l'action que la
pensée, Bakounine a parfois préconisé la terreur et partage certainement une
certaine responsabilité dans l'association postérieure de l'anarchisme avec la
violence, mais ses idées étaient également importantes.
À ce jour, Marx
et Engels avaient édité le Manifeste communiste et essayaient d'influencer les
classes ouvrières européennes.
Certains des dispositifs principaux dans
la pensée de Bakounine ont été accentués par ses conflits avec les marxistes dans
les années 1860 et le début 1870.
Bakounine croyait que c'était le plus
opprimé qui était potentiellement le plus révolutionnaire.
De son
point de vue, les paysans russes étaient par conséquent dans une place forte, et
il a argumenté qu'ils avaient aussi des formes traditionnelles d'organisation
dans les villages et structures communautaires qui pourraient fournir une base
pour le socialisme.
De la même façon, ayant passé trois années en Italie
de 1864 à 1867, il a identifié la grande possibilité révolutionnaire là parce
que les ouvriers y ont été moins privilégiés.
De tels gens, 'épuisés par le
travail journalier, ignorants et misérables', 'socialiste sans le savoir',
'vraiment plus socialiste que tous les socialistes bourgeois et scientifiques
mis ensemble.'
En 1864 Marx a établi la déclaration fondatrice pour la
première internationale socialiste, l'Association internationale des ouvriers.
Bakounine qui avait rejoint l'Internationale a formé un sous-groupe pour essayer
d'inspirer ses membres avec la ferveur révolutionnaire.
Il s'est opposé à
l'idée de Marx de créer un parti communiste et gagner ainsi un support pour la
victoire du socialisme, et en 1868 il a déclaré qu'il détestait le
communisme:
"parce que c'est la négation de la liberté et parce que je
ne peux rien concevoir d’humain sans liberté.
Je ne suis pas communiste parce
que le communisme concentre tous les pouvoirs de la société dans l'Etat; parce
qu'il termine nécessairement dans la centralisation de la propriété dans les
mains de l'Etat, pendant que je veux l'abolition de l'Etat qui, sur le prétexte
de rendre les hommes moraux et civilisés, a asservi jusqu'à maintenant, a
opprimé, a exploité et les a dépravés".
Bakounine a eu une forte
influence en particulier en Espagne, Italie, et Suisse, mais l'anarchisme a été
battu par le Marxisme comme influence majeure sur les mouvements
socialistes européens.
Là et ailleurs, il s'unira aussi avec des formes
de syndicalisme commercial dans des mouvements syndicalistes et
anarcho-syndicalistes qui croyaient que le pouvoir pourrait et devrait être
accompli par les ouvriers eux-mêmes, plutôt qu'à travers les partis politiques
et l'état.
Comme socialisme utopique, l'anarchisme a aussi influencé
quelques formes de décentralisation et communautés des années 1960.
« Marxisme »
La
collaboration de Marx (1818-1883) et Engels (1820-1895) a produit la théorie la
plus considérable dans l'histoire du socialisme.
Cependant, leur
travail a toujours été ouvert à une variété d'interprétations, et les lectures
dogmatiques ont eu une beaucoup plus grande résonance politique que les plus
subtiles.
Marx était le descendant d'une lignée de rabbins et son
père s’était converti au Christianisme pour conserver son travail
d’avocat.
Engels était le fils aîné d'un industriel allemand prospère forcé à
rejoindre l'entreprise familiale par son père et était en grande partie
autodidacte.
Marx était désordonné, insouciant au sujet de sa propre
apparence, et avait l'écriture presque illisible.
Engels était net, bien
organisé, toujours parfaitement habillé, et écrivait très
clairement.
Marx s'est marié à Jenny Von Wesphalen, la fille d'un
baron.
Engels est resté seul pour la plupart de sa vie, en se mariant
seulement à Lizzie Burns, une femme ouvrière pauvrement instruite, sur son lit
de mort en 1878.
C'était un rapport inégal à quelques égards, avec Engels
dirigeant l'usine de sa famille à Manchester afin de soutenir Marx
financièrement tandis qu'il étudiait et écrivait.
Marx était également un
penseur plus original, mais Engels a certainement apporté une contribution
intellectuelle et politique indispensable à l'association.
La critique
du capitalisme a été incluse dans une théorie historique (matérialisme
historique) qui a essayé d'expliquer le développement entier de la société
humaine.
Une des critiques principales de Marx et d'Engels envers les
socialistes utopiques et les anarchistes était qu'ils n'ont pas traité en juste
proportion les chemins dans lesquels le présent a été enraciné dans le passé.
Seulement si ceux-ci étaient compris, ils ont cru qu’il était possible de
comprendre alors les processus dynamiques qui mèneraient à la chute du
capitalisme.
Dans sa préface à Critique de l'Économie politique
(1859), Marx a expliqué :
"Dans la production sociale de leur existence,
les hommes entrent en des rapports déterminés, nécessaires, indépendants de leur
volonté ; ces rapports de production correspondent à un degré de développement
donné de leurs forces productives matérielles. L’ensemble de ces rapports de
production constitue la structure économique de la société, la base réelle, sur
quoi s’élève une superstructure juridique et politique et à laquelle
correspondent des formes de conscience sociales déterminées. Le mode de
production de la vie matérielle conditionne le procès de vie social, politique
et intellectuel en général.
Ce n’est pas la conscience des hommes qui
détermine la réalité ; c’est au contraire la réalité sociale qui détermine leur
conscience".
La théorie historique a aussi contenu une théorie de
changement par la révolution.
Ceci n'a jamais été simplement identifié avec
une période de violence et la possibilité de changements pacifiques n'a pas été
exclue : Marx soutenait plutôt que de telles transformations comme celles de la
société d'esclavage au système féodal ou du système féodal au capitalisme se
sont produites au cours d’ères historiques longues.
Pour les socialistes, la partie vraiment importante de la théorie
était, bien sûr, la critique du capitalisme elle-même et la base que cela a
fourni pour donner confiance au sujet de sa chute éventuelle.
La
théorie a opéré sur plusieurs niveaux.
Dans Le Manifeste communiste
(1848), Marx et Engels ont suggéré qu'il y avait seulement deux classes
antagonistes au coeur du système : Bourgeoisie et Prolétariat.
La
suggestion était que tous les autres groupes (propriétaires terriens, paysans,
artisans) étaient placés dans l’une ou l’autre de ces classes.
Marx a
semblé dire quelque chose de très catégorique : que la position du
prolétariat devenait toujours plus misérable et que la chute du capitalisme
était inévitable.
Le futur ne devait pas être créé en établissant des
communautés pratiquant un nouveau système, comme les socialistes utopiques
avaient cru, ou par un groupe de personnes 'cassant l'état ', comme dans
quelques visions d'anarchistes.
Au contraire, l'activité politique par le
prolétariat était essentielle.
Sa conscience de classe grandissante a aussi
voulu dire une conscience en voie de développement de la bourgeoisie comme étant
séparée et antagoniste.
L'emphase des écritures et des discours de Marx a
suggéré que le changement révolutionnaire implique la violence.
Marx
critiquait également cette violence.
Le point de vue de Marx était que la
crise révolutionnaire était le point culminant d'un beaucoup plus long processus
d’évolution dans la société existante.
Cela a aussi voulu dire qu'une
tentative prématurée de provoquer le changement révolutionnaire ne pourrait pas
réussir, et il a critiqué la violence des éléments les plus radicaux, par
exemple les jacobins dans la Révolution française.
En 1848 et au moment
de la Commune de Paris en 1871, il a eu l'air toutefois d'accepter un certain
besoin pour la violence.
Il faut aussi mentionner ici que, dans sa
Critique du Programme Gotha (1875), Marx a discuté les traits d'une société
‘post révolutionnaire’, il était plutôt prudent au sujet de l'ampleur des
progrès, en particulier par rapport à l’égalité qui pourrait être faite 'dans la
première phase d’une société communiste'.
C'était seulement dans la plus
haute phase que la société pourrait 'inscrire sur ses bannières : à chacun selon
sa capacité, à chacun selon ses besoins !'.
Après la mort de Marx, Engels
a semblé plus décidé d’entrer sur le sentier des réformes non violentes,
travaillant avec le Sozialdemokratische Partei Deutschlands (SPD), sur des
programmes pratiques de réforme.
Marx et Engels ont révolutionné la
pensée au sujet de la société, en transcendant les limites conventionnelles
entre philosophie, histoire, économie, sociologie, et politique.
Le rôle
de la classe ouvrière ?.
Ils paraissaient l'avoir pris comme allant de
soi que le développement de conscience de classe a mené, presque
automatiquement, comme ils l'ont mis dans le Manifeste Communiste, à
'l'organisation des prolétaires dans une classe, et par conséquent dans un parti
politique'.
En d'autres termes, l'implication était que le prolétariat
était seulement une classe dans un sens plein quand elle était consciente
d'elle-même en tant que tel.
La classe ouvrière était donc l'agent dans le
processus révolutionnaire et un parti politique serait son instrument dans cette
lutte.
Mais Marx et Engels n'étaient pas du tout catégoriques sur quand ou
comment ce genre de transformation se produirait.
Marx et Engels
fournissaient plutôt une approche générale à l’analyse qu'un ensemble de «
bonnes réponses toutes faites ».
« Avant la Première Guerre mondiale »
En
1883, quand Marx est mort, les dispositifs principaux des idées socialistes
avaient été établis.
Socialistes utopiques, anarchistes, et marxistes ont eu
beaucoup de points cruciaux de désaccord, mais il y avait une emphase commune
sur l'égalité, la coopération, et la solidarité sociale.
Tous ont également
souligné leur engagement envers les strates sociales les plus pauvres, bien que
ce soit seulement avec Marx qu'une théorie spécifique de classe et de conflit de
classe ait été cristallisée.
C'est après sa mort que les formes finales de
socialisme moderne ont émergé, avec la dominance des partis politiques.
Entre les années 1880 et la Première Guerre mondiale (1914), il y a eu
une augmentation massive des partis politiques socialistes en Europe, tous dans
la Seconde Internationale fondée en 1889.
Cependant, ces partis étaient
ambigus de plusieurs façons.
En première place, leurs noms déconcertants à
cette époque.
Bien qu'ils fussent collectivement connus comme partis
socialistes quand ils se rencontraient dans l'Internationale, et que la plupart
ont professé le but du socialisme, seulement une minorité a utilisé le terme
dans leurs propres noms.
Quelques-uns ont utilisé 'ouvriers' ou 'travail' (y
compris en Belgique), mais le titre le plus commun était 'parti démocratique
social.'
Les partis communistes n'existaient pas encore et ce que
d’aucuns qualifient de « démocratie sociale » a couvert un large spectre de
vues, incluant celles qui les identifieraient plus tard avec le communisme.
Avec la formation des partis communistes après la Première Guerre
mondiale, social démocrates et communistes deviendraient des adversaires et,
dans le processus, la démocratie sociale changerait.
La quasi-totalité
de ces partis ont dû leur inspiration doctrinale à la critique marxiste du
capitalisme.
Les difficultés d'essayer de réconcilier une doctrine
révolutionnaire avec la politique électorale et parlementaire et qui a incorporé
les tensions clés entre la réforme et la révolution ont caractérisé massivement
l'internationale.
Encore un élément dans la tradition nouvellement
dominante du socialisme était son acceptation déclarée d'internationalisme de
la classe ouvrière.
Il était généralement compris alors que tous les
partis ont partagé la vue que les ouvriers n'avaient aucun pays parce que leur
ennemi commun était le capitalisme.
Par conséquent, tous ont convenu - dans
la théorie - qu'ils seraient totalement opposés à une « guerre de capitalistes
».
Aucun d'eux, on l'a constamment affirmé, ne soutiendrait leurs propres
gouvernements si une telle guerre devait éclater.
En réalité, la plupart
d'entre eux l’ont fait juste en 1914.
Ceci a certainement augmenté les
divisions dans les partis, avec une minorité active s'opposant à la conduite
traditionnelle et à la guerre.
« Émergence du communisme »
Une des contradictions le plus fréquemment mises en évidence dans le
communisme est celle de la différence entre la théorie et la pratique.
Il
faut aussi garder à l'esprit que, comme avec la plupart des concepts, il n'y a
aucune théorie du communisme.
Bien qu'il y eut de nombreux théoriciens de
diverses sortes de communisme avant lui, la personne presque toujours considérée
aujourd'hui comme le père du communisme est Karl Marx (1818-1883).
En fait,
toutefois, les principales contributions de Marx étaient de fournir un large
cadre théorique pour interpréter le monde (en particulier, la marche de
l'histoire) et une analyse profonde de la nature du capitalisme.
À de
nombreux égards, plus influent sur le communisme (dans la pratique) a été le
leader révolutionnaire russe Vladimir Lénine; son
successeur, Joseph Staline; et le dirigeant révolutionnaire chinois
Mao Zedong.
La contribution de chacun à la théorie communiste
doit être considérée.
Tout d'abord, il est important de noter que dans le cas
de Marx, Lénine et Mao, l'intérêt pour le communisme était en grande partie le
résultat d'un profond sentiment d'aliénation par rapport au système existant et
le désir d'un monde meilleur.
Léninisme
Lénine (1870-1924) est né à la fin du 19e siècle dans une famille russe qui vivait dans
une petite ville sur la Volga.
Lorsque Lénine était juste un adolescent, son frère ainé a été arrêté et
ensuite exécuté pour avoir prétendument fomenté un complot visant à assassiner
le tsar Alexandre III.
Un certain nombre de commentateurs ont fait valoir que
cette expérience traumatisante a durci Lénine et contribué à expliquer sa haine
passionnée de l'autocratie tsariste russe.
Contrairement à Marx, Lénine a été profondément impliqué dans la politique
nationale, et bien qu'il ait occasionnellement produit des analyses plus
abstraites de sa vision à long terme du socialisme et du communisme, notamment
dans l'État et la révolution (1917) - Lien , la plupart de ses contributions à la
théorie communiste découlent de sa propre expérience et réaction au
monde l'entourant, ainsi que de sa polémique avec d'autres marxistes.
Ses plus importantes contributions théoriques ont été sur le rôle du parti
révolutionnaire; son analyse de l'impérialisme; et les distinctions qu'il a
établies entre le socialisme et le communisme.
Dans Que faire ? (1902) - Lien, Lénine a fait valoir que certaines personnes sont
beaucoup plus politiquement conscientes que d'autres, et devrait assumer la
responsabilité de diriger la société vers le socialisme.
Lénine a également mis l'accent davantage que Marx sur la nécessité d'avoir
un État fort immédiatement après une révolution socialiste, ce qui a par la
suite conduit à la l'usage de la violence... Ce que la conformité à la vérité historique oblige à dire.
Stalinisme
 |
| Staline (1879-1953) |
Lénine est mort en 1924, et l'une des caractéristiques essentielles
des systèmes communistes, leur incapacité ou la réticence à appliquer
des modalités de succession de leur leader est immédiatement
devenue évidente.
À la fin des années 1920, le Géorgien Staline - Lien avait remporté le leadership
dans la lutte de succession contre des rivaux comme Leon Trotsky.
L'image d'alors d'un Staline conciliant était plutôt ironique puisqu'une fois
son pouvoir consolidé, il s'est imposé comme l'un des dictateurs les plus cruels
de l'histoire.
Maoïsme
 |
| Mao (1893-1976) |
Comme Lénine, Mao - Lien était attiré par le marxisme en raison de sa profonde
insatisfaction à l'égard de la situation dans son pays, mais il était aussi
particulièrement attiré par la théorie de Lénine sur l'impérialisme et par
Staline.
La Chine avait renversé le système impérial lors de la révolution chinoise de
1911, mais le pays est ensuite entré dans une période de domination des
seigneurs de guerre et des nationalistes qui, comme Mao l'a vu, n'était pas pour
contribuer au développement du pays.
L'importante contribution de Mao à la théorie communiste était d'élaborer une
justification théorique à l'édification d'un parti communiste dans une société
"semi-coloniale et semi-féodale comprenant principalement des paysans et petits
bourgeois".
Mao a donc pris le pouvoir dans un pays a très grande majorité agricole et
voulait justifier son affirmation selon laquelle cela était dans la ligne du
marxisme (Marx et Engels avaient fait référence dans le Manifeste du Parti
communiste à 'l'idiotie de la vie rurale'...).
Le communisme
moderne a été créé avec la prise de pouvoir en Russie par le parti
bolchevique.
Par la suite, les nouveaux dirigeants ont revendiqué que le
parti représentait l'application authentique du Marxisme dans l'époque
contemporaine, qu'il y avait continuité entre eux et les « communistes » du 19e
siècle.
En fait, le rapport entre Bolchevisme et le Marxisme demeure
fortement controversé et l'idée de continuité est très douteuse.
Il
n'y avait aucune distinction claire entre le communisme et le socialisme dans la
majeure partie du 19e siècle.
A cette époque, le communisme avait
impliqué une approche plus révolutionnaire pour provoquer le changement, et
cette impression a été peut-être renforcée quand Marx et Engels ont publié le Manifeste communiste en 1848.
L'idée que la révolution se produirait la
première fois dans un pays capitaliste avancé avait été soulignée par Marx et
Engels et incluse dans la pensée des socialistes de la deuxième
internationale.
Ce qui ne fut pas le cas comme nous allons le
voir.
Lénine (et plus généralement les bolcheviques) ont été totalement
opposé aux socialistes dans toutes les parties du monde qui ont soutenu la
Première Guerre mondiale.
Il les a dénoncés dans les termes les plus amers et
a cherché (sans succès) à persuader les socialistes dissidents de transformer la
guerre internationale en guerre révolutionnaire dans leurs propres
pays.
La prise du pouvoir en Russie par les bolcheviques a transformé les
rapports de pouvoir dans le mouvement socialiste international.
Les
bolcheviques ont bientôt changé leur nom en Parti communiste après la
révolution, et Moscou est devenu le centre de la doctrine qui est maintenant
connue comme étant le communisme. Comment cela est-il survenu ?.
Lénine
est revenu d’exil en Russie en avril 1917, un mois après la première
révolution qui avait renversé le Tsar et apporté un gouvernement
provisoire.
La plupart des bolcheviques croyaient encore que c'était
impossible pour une révolution socialiste d’avoir lieu dans un pays moins évolué
comme la Russie de l’époque.
Il a fallu tout l'ascendant personnel de Lénine
pour les convaincre qu'une révolution prospère était en effet possible en Russie
et que cela serait alors suivi ailleurs par d’autres
révolutions.
L'espoir était dans ces circonstances que les gouvernements
similaires dans les pays plus avancés aideraient alors le développement du
socialisme en Russie.
Les bolcheviques ont parlé d'une Assemblée constituante
choisie démocratiquement comme le corps qui gouvernerait, et ils se sont
attendus clairement à gagner une majorité lors des élections.
Cependant,
quand les résultats des élections de janvier 1918 ont prouvé qu'ils avaient
gagné seulement 21% des sièges (les Russes ne voulaient pas du parti
bolchevique), ils ont pris le pouvoir par la force et dissous
l’Assemblée.
Une réaction populaire massive à la prise du pouvoir par la
force par les bolcheviques, qui malheureusement n'a pas eu lieu, aurait
peut-être conduit à une Russie démocratique qui avait fait le premier pas en
organisant des élections...
Ce qui a bientôt mené à une situation dans
laquelle les communistes dominaient tous les organes de pouvoir, le parti et
l'Armée Rouge étaient devenus de plus en plus autocratiques.
Chaque
nouvelle extension de pouvoir a été justifiée comme une mesure transitoire, mais
la dictature du Parti était maintenant construite.
La répression sévère
est apparue en Russie premièrement dans quelques sphères (par exemple, contre la
religion) et dès décembre 1917, la Tchéka [Lien] (ou police
secrète) a été établie pour découvrir et supprimer toutes tentatives ou essais
de contre-révolution.
Il a été utilisé les exécutions sommaires et
emprisonnements contre tous les suspects ou quelques-uns de ceux qui étaient
considérés simplement comme tels à cause de leurs origines
sociales.
Après une tentative d’attentat sur la vie de Lénine en mai
1918, la Terreur Rouge a été promulguée, la Tchéka a opéré alors comme un État
dans l'Etat en menant à des milliers d'exécutions.
En 1920, l'économie
était ruinée après six années de guerre, et quelque 8 millions de gens étaient
morts de maladie et de malnutrition depuis la révolution bolchevique.
« Conclusions »
Pendant
que beaucoup de socialistes européens ont été vivifiés par la révolution russe,
d'autres ont été moins convaincus.
Comme ils ont regardé la dissolution de
l'Assemblée constitutive, la terreur révolutionnaire et l'évolution vers un état
d'un seul parti, leurs doutes quant à savoir si c'était vraiment du socialisme a
augmenté.
Dans certains cas, particulièrement parmi les chefs des partis
socialistes européens, de tels sentiments ont été probablement renforcés quand
ils se sont entendus dénoncés comme les traîtres et les renégats par les chefs
soviétiques.
D'autres socialistes occidentaux ont été disposés à admettre que
de telles mesures dures pouvaient être nécessaires dans les conditions russes,
où il n'y avait eu aucune tradition de démocratie et où les
contre-révolutionnaires ont aussi utilisé la terreur comme une arme politique.
D'autres sont allés plus loin que cela et ont questionné pour savoir si
la Révolution bolchevique pouvait même être justifiée dans les termes
marxistes.
Parmi ceux-ci, Léon Blum (1872-1950), qui deviendrait le
Premier ministre dans le gouvernement du Front populaire français en
1936.
 |
| Léon Blum |
Dans son discours, en 1920, au Congrès de Tours du Parti socialiste
français, il a déclaré que la dictature en Russie provenait de sa conception de
la révolution.
Au lieu d'une prise de pouvoir suite à un long processus
d'évolution créant les conditions nécessaires pour le socialisme, il avait été
interprété du point de vue de l'insurrection par un petit groupe.
Alors
que la conception marxiste était celle d'une dictature impersonnelle temporaire
basée sur le soutien des masses, le Bolchevisme était une dictature
semi-permanente exercée par un parti centralisé et hiérarchique.
Blum - Lien
impliquait ainsi que le socialisme ne pouvait pas être établi de cette manière,
ou que la seule forme de socialisme qui émergerait était celle qui aurait nié
ses propres idéaux parce que naturellement non démocratique.
Pourtant, il
n’a pas été suivi au Congrès, où il y avait un enthousiasme considérable pour la
Révolution russe et la majorité a formé le Parti communiste français.
Au
début des années 1900, les partis de la Deuxième internationale étaient
confiants que le socialisme serait établi pendant le prochain siècle.
Tandis que les
commentateurs libéraux et conservateurs ont prononcé la 'mort du socialisme',
sans grandement étonner, il est également notable que plusieurs du côté de la
gauche soient apparemment arrivés à une conclusion semblable.
L'assaut
idéologique a été accompagné par les changements sociaux et culturels à long
terme.
L'hypothèse de Marx que la classe ouvrière industrielle était la base
pour le socialisme avait été adoptée par les partis de masse de gauche depuis la
fin du 19e siècle.
Pourtant, il y avait maintenant beaucoup de discussions
quant à savoir si de tels partis pouvaient survivre seulement attachés à ce
secteur de la population.
L’évidence était que la classe ouvrière
était en régression.
Au début des années 1970, 42% de la
main d'oeuvre de la Communauté européenne a travaillé dans l’industrie
manufacturière.
Vers 1990, 60% des travailleurs ont été utilisés dans le
secteur des services et seulement 32.5% dans l'industrie (et au début du 21e
siècle, seulement 16% étaient dans l’industrie, tandis que plus de 75% étaient
utilisés dans le secteur des services ou des industries de la
connaissance).
Même le plus extrêmement optimiste admettrait probablement
que, avec les États-Unis comme la superpuissance engagée à étendre son modèle de
capitalisme à travers le globe, la Chine ayant adopté l’économie de marché et pratiquant un capitalisme enragé (soutenu par un parti unique, le parti communiste chinois) pour être aujourd'hui la deuxième économie mondiale, il y
a certainement en ce début de 21e siècle un climat peu favorable pour les partis
socialistes.
Approfondir
*Stalinisme :
"Le parti communiste soviétique est une sorte de nouvelle classe
dirigeante, forte d'environ 2 millions de personnes (sur 170 millions de
citoyens soviétiques)".
Les communistes occupent les meilleures places
(dirigeants d'entreprise, généraux, ministres, journalistes...) et ils ont des
privilèges refusés à la masse : des magasins d'alimentation bien remplis, un
appartement, des maisons de vacances, des études pour leurs
enfants...
Leur tâche est d'encadrer la population et de stimuler
l'enthousiasme au travail des ouvriers et des paysans. Mais aussi de repérer et
de dénoncer les opposants et les "mous".
En URSS, il n'y a qu'une vérité,
celle du Parti, et l'expression de toute opinion contraire équivaut à un crime
passible de la peine de mort ou de la déportation.
La police politique
est l'outil préféré de Staline.
Elle a porté plusieurs noms : Tchéka (lien) à
l'origine, puis Guépéou, NKVD et enfin KGB.
A elle, les basses
besognes.
Ses hommes sont partout, ouvrent le courrier, arrêtent, torturent,
déportent ou exécutent. Ils n'ont aucun compte à rendre à la justice ou à
quiconque en dehors des chefs de la police et de Staline.
La peur est
permanente, car une dénonciation a les plus graves conséquences : quand la
police vient chercher un malheureux à l'aube, souvent, on ne le revoit
plus.
Sa femme et ses enfants deviennent épouse, fils ou fille "d'ennemi du
peuple" et leur vie se transforme en enfer.
Exemple : les
purges.
Entre 1934 et 1938, la machine répressive se tourne contre les
communistes eux-mêmes.
De faux procès sont montés. Les accusés, torturés,
avouent des crimes contre l'Etat qu'ils n'ont pas commis et dénoncent des
"complices" imaginaires.
Ceux-ci sont arrêtés à leur tour, torturés
et... dénoncent n'importe qui !.
Résultat : 720 000 personnes
exécutées.
Retour de l'U.R.S.S. (André Gide) - Lien.
 |
| Retour de l'U.R.S.S. |
Staline, un des plus grands tyrans du 20e siècle : Vidéo.
Source : Science & Vie Junior, mai 2009
*Nazisme :
Le nazisme s'est forgé en utilisant le mélange de socialisme : l'État intervient largement dans l'économie. Il
conduit une politique de grands travaux pour l'essor du réseau autoroutier
allemand ( et demande la "voiture du peuple" pour emprunter ces autoroutes ), lance un programme ambitieux de création de logements sociaux, de
réfection des cantines ouvrières, etc.
En 1934, Hitler demande à l'ingénieur
Ferdinand Porsche de concevoir une petite voiture accessible aux Allemands les
plus modestes : Volkswagen ou "voiture du peuple". Lien). Après sa construction, l'usine Volkswagen sera inaugurée par Hitler pour permettre à tous d'obtenir cette voiture pour moins de 1000 DM. Liens : 1, 2.
 |
| Hitler et Porsche |
Et de beaucoup de nationalisme (pureté raciale et
mépris pour tous ceux qu'Hitler appelle les "dégénérés indignes de vivre" dans
une Allemagne appauvrie et humiliée après la Première Guerre mondiale où il promet du travail, de l'ordre et une
grandeur inégalée) pour mettre en place un régime politique abject.
Bien entendu, il faudrait être stupide pour lire ici que le socialisme c'est le nazisme et inversement mais les politiciens sont ce qu'ils sont et Hitler en était un.
Le Parti nazi (Parti national-socialiste des
travailleurs allemands) a été fondé en 1920 par Hitler.
Il manifeste un
extrême nationalisme et aussi une hostilité au capitalisme bourgeois... Pour
finir par s'appuyer sur ce dernier pour accéder au pouvoir.
Le Parti
compte 55.000 membres en 1923, 200.000 en 1930 et 1,5 millions début
1932.
A l'arrivée au pouvoir d'Hitler (1933), le Parti devient alors une
institution de l'État.
La classe ouvrière est contrôlée par la création du
Front du travail.
En 1939, le Parti compte 5,4 millions d'adhérents, plus
de 67% des fonctionnaires allemands en sont membres alors qu'ils n'étaient que
moins de 7% en 1933... Le Front du travail a autorité sur 23 millions de
travailleurs et 40.000 fonctionnaires.
Le Parti encadre étroitement la
population et les jeunesses hitlériennes la jeunesse allemande par des
organisations paramilitaires, où les activités sportives et politiques sont
multiples.
En 1937, les jeunesses hitlériennes comptent 7,7 millions de
membres.
La société allemande a (elle aussi) été structurée en régime
dictatorial.
La Deuxième Guerre mondiale peut commencer (et le pacte de
non-agression entre Hitler et Staline rompu)... Pour 60 millions de morts et de
disparus à la fin du conflit mondial.
De nombreux ouvrages sont
disponibles pour approfondir ce sujet.
Le 1er février 1933, Hitler accède
à la Chancellerie du Reich.
La Russie soviétique, sous l'autorité de
Lénine, décide en 1920 de faire du 1er mai une journée chômée. Cette initiative
est peu à peu imitée par d'autres pays... L'Allemagne nazie va encore plus loin
!. Hitler, pour se rallier le monde ouvrier, fait, dès 1933, du 1er mai une
journée chômée et payée qu'il vient de baptiser « fête nationale du travail
allemand ».
Ils étaient des milliers à acclamer dans les rues Adolf
Hitler le jour de la fête nationale du Travail en 1934...

Bibliographie
R. N. Berki,
Socialism (Dent, 1975)
Anthony Wright, Socialisms: Theories and Practices
(Oxford University Press, 1987)
The Politics of Utopia: A Study in Theory and
Practice (London: Hutchinson, 1982)
The Lenin Anthology (New York: Norton,
1975)
The ‘Red Years’: European Socialism versus Bolshevism (London:
University of California Press, 1974)
Karl Marx: Selected Writings (Oxford
University Press, 2000)
Marxism and Politics (London: Merlin Press,
2003)
A lire : Sous le signe de l'étoile rouge, de David King, éd.
Gallimard
Hitler 1889-1936 et Hitler 1936-1945, de Ian
Kershaw, éd. Flammarion
Un lien : http://www.larousse.fr/encyclopedie/divers/socialisme/92317
___________________________________________________________________
Capitalisme ?
Le capitalisme est essentiellement l'investissement d'argent dans l'espoir de
réaliser un profit.
La production capitaliste a transformé le travail et les loisirs donc la vie
des individus.
L'investissement de capitaux dans l'attente de profits a conduit à la
révolution industrielle et les progrès techniques rapides ont augmenté la
productivité par bonds successifs.
Les machines ne pouvaient pas
(encore) travailler seules et ainsi, le travail salarié est devenu le cœur de la
réalisation d'un bénéfice. La masse salariale devenant le principal coût de
l'employeur et aussi le foyer du conflit entre les propriétaires du capital et,
comme Karl Marx l'a souligné, ceux qui ne possédaient que leur «force de
travail», la capacité de faire de l'argent par le seul travail physique.
Les travailleurs ont été concentrés dans les usines, où ils ont dû
travailler d'une manière continue et disciplinée sous l'œil attentif du
contremaitre, mais aussi avec la possibilité de s'organiser collectivement dans
les syndicats.
Les activités de non-travail ont été expulsées de ce temps
de travail vers le temps des loisirs.
La vie quotidienne a été divisée
entre travail et loisirs.
Le travail salarié signifiait aussi que les
travailleurs avaient de l'argent à dépenser pour leurs loisirs.
La
commercialisation des loisirs a créé de nouvelles industries contribuant à
l'expansion de la production capitaliste.
Les ouvriers ont alors voulu plus de loisirs et le temps libre a été
augmenté, aidé par les revendications des syndicats.
De nouvelles lois ont vu le
jour pour limiter les heures de travail et donner aux ouvriers des droits, des
vacances ou la limitation du temps de travail hebdomadaire et les congés
payés.
Les capitalistes existaient avant le capitalisme proprement dit.
Depuis les temps les plus anciens, les marchands ont fait de l'argent en
investissant dans des biens qu'ils ont vendus avec un profit.
Un capitalisme marchand de ce genre pouvait être très organisé et très
rentable, mais c'était une activité qui concernait seulement une petite partie
de l'économie.
La plupart des moyens de subsistance de la population ne
venant pas d'activités économiques financées par l'investissement de capitaux.
Dans le capitalisme actuel, l'ensemble de l'économie devient dépendante
de l'investissement des capitaux et cela se produit lorsque le commerce n'est
pas le seul à être financé, mais aussi la production.
Tout comme un capitaliste va investir de l'argent dans toute activité qui
apporte un bénéfice, un travailleur peut trouver de l'emploi dans toute activité
qui paie un salaire.
Le potentiel de mobilité du capital et de la main-d'oeuvre est une des
caractéristiques des sociétés capitalistes qui leur donne leur caractéristique
de dynamisme.
Les marchés, comme les marchands, ne sont rien de vraiment nouveau, mais ils
sont essentiels à une société capitaliste.
Parce que la production et la
consommation sont séparées, les individus ne consomment pas ce qu'ils fabriquent
ou produisent ce qu'ils consomment en autarcie, ils sont liés par les marchés où
les biens et services sont achetés et vendus.
Au lieu d'être un endroit où
vous pouvez acheter certains éléments supplémentaires que vous n'avez pas
produits vous-même, les marchés deviennent le seul moyen par lequel vous pouvez
obtenir quoi que ce soit.
Ils existent là où les acheteurs et vendeurs font
leurs échanges et, aujourd'hui, cela signifie dans des espaces électroniques où
les prix sont répertoriés et les transactions enregistrées.
Cette notion de marché s'applique non seulement aux biens et services, mais
aussi à la main-d'oeuvre et aux capitaux.
Le salaire, le prix pour la
main-d'oeuvre, est établi sur un marché du travail, où les employeurs sont en
concurrence pour la main-d'oeuvre et les travailleurs se font concurrence pour
les emplois.
De l'argent proprement dit est acheté et vendu sur les marchés
des devises.
La propriété des sociétés est achetée et vendue en Bourse.
Les entreprises capitalistes ont néanmoins trouvé des façons de réduire cette
concurrence.
Ceux qui ont un avantage sur leurs concurrents peuvent
savourer cet avantage, mais cela aussi crée de l'incertitude et cause des
faillites.
Les entreprises peuvent forment des associations commerciales
pour réglementer la concurrence.
Le marché peut être modifié en acceptant de
ne pas engager une concurrence au niveau des prix ou de décider que tous paient
le même taux de salaire.
La concurrence peut aussi être réduite par les fusions
et acquisitions d'entreprises dont la production se concentre dans un moins
grand nombre de mains.
Il y a toujours dans le capitalisme une tension entre
la concurrence et la concentration, qui sont aussi une caractéristique de
celui-ci.
Puisque les prix changent, tout marché fournit une occasion de faire du
profit par la spéculation.
Cette spéculation se produit lorsque quelque
chose est acheté dans l'espoir de le vendre, sans augmenter sa valeur par la
transformation, à un prix plus élevé à l'avenir.
Cela peut se produire par
rapport à presque n'importe quelle marchandise.
Il peut s'agir de production
agricole, d'une monnaie, etc.
Les spéculations de ce genre sont souvent
considérées comme une activité parasitaire, improductive, et qui est entièrement
séparable de l'économie réelle dans laquelle les biens et les services sont
produits.
D'où vient le capitalisme ?.
Le capitalisme a fait sa percée en Grande-Bretagne.
Pourquoi la Grande-Bretagne ?.
La Grande-Bretagne au 19e siècle a été la première société
industrielle.
La propagation des relations du marché et la croissance de la
consommation ont généré une assez grande demande pour que l'investissement dans
la production industrielle en vaille la peine.
La nécessité de gagner de
l'argent à dépenser en biens a rendu les individus à la recherche d'emplois
industriels, même si le travail industriel était monotone et les conditions de
travail dans les usines souvent très pénibles.
Le capitalisme c'est d'abord... en Europe.
Bien que la Grande-Bretagne ait été la première société dans laquelle la
production en général soit devenue capitaliste, il existe de très nombreux
exemples de l'émergence du capitalisme ailleurs en Europe.
En effet, les techniques de l'organisation capitaliste étaient parfois
beaucoup plus avancés dans d'autres sociétés européennes.
La production capitaliste avait déjà une longue histoire en Europe.
La
mise en oeuvre de ce système semble provenir soit de la Flandre ou l'Italie, et
s'est généralisée aux 14e et 15e siècles en Allemagne.
En Flandre, il suffit
de penser aux Marchands-tisserands qui exigeaient peu de capital pour leurs
opérations, mais au 13e siècle, la croissance d'un tissu de luxe, du commerce,
avec des processus de production plus complexes, a conduit à l'émergence de
Marchands-entrepreneurs qui emploient de grandes quantités de capitaux pour
importer la laine anglaise.
Pourquoi en Europe ?.
 |
Prêteur et sa femme (1514)
|
Les villes d'Italie, puis Bruges, Anvers, Amsterdam et Londres, étaient la
source des innovations clés en techniques commerciales et financières.
L'une
des caractéristiques distinctives de la société européenne a été l'émergence en
Italie, en Flandre, et Allemagne de réseaux de villes États relativement
indépendantes ou de nature commerciale et financière.
La religion.
Les croyances religieuses pour motiver les individus et leurs actions,
réglementer leurs comportements par le biais de normes qui spécifient comment
ils devraient vivre et ce qu'ils sont autorisés à faire.
Il n'y a aucun
doute que les puissantes institutions religieuses ont pénétré dans chaque coin
de la vie des individus dans l'Europe médiévale.
Des connexions entre religions et le développement du capitalisme ?.
L'éthique protestante et "l'esprit du capitalisme".
Un ensemble d'idées
qui a incité les individus à se comporter de façons capitalistes : mener une vie
sobre, épargner plutôt que dépenser... Ce qui a par conséquent, entraîné
l'accumulation de capital.
Les mécanismes économiques des transactions sur le marché, l'accumulation de
capital, le travail salarié.
Les caractéristiques structurelles uniques de
la société européenne ont pourvu aux conditions dans lesquelles les mécanismes
du capitalisme pouvaient émerger et s'épanouir.
Le capitalisme américain.
Avec son individualisme prononcé, le capitalisme américain a été à l'extrême
opposé d'une vision idéologique.
L'industrialisation s'est produite de
manière décentralisée dans une société individualiste, où il y avait une
croyance généralisée au succès par le biais d'entreprises et d'initiatives.
L'absence d'une aristocratie et l'établissement par la Révolution américaine
des droits civils et politiques au 18e siècle a encouragé cette croyance.
Le grand marché intérieur américain a favorisé la croissance des grandes
sociétés.
A la fin du 19e siècle, une concentration plus grande de la propriété
s'est bien plus produite que dans les autres sociétés industrielles.
Il serait cependant tout à fait erroné de supposer que le culte de l'individualisme et
du libre marché maintiendrait l'État hors de la vie économique.
Au
contraire, les tendances monopolistiques des corporations d'affaires
signifiaient que la vie économique exige la régulation pour maintenir la
concurrence et protéger les intérêts des consommateurs.
Un mouvement antitrust a émergé à la fin du 19e siècle et le Sherman Act
de 1890 a déclaré illégale toute activité ou organisation visant "à restreindre
les échanges ou le commerce".
L'état actuel du capitalisme américain reflète sa spécificité
historique.
Les crises.
Les années 1930 ont montré la vulnérabilité de l'économie capitaliste
mondiale aux crises avec le risque aggravé de propagation de ces crises partout dans le monde.
Les crises sont une des caractéristiques du capitalisme, car il y a tellement
de mécanismes cumulatifs et dynamiques opérant à l'intérieur du capitalisme
qu'il ne peut pas être stable pendant longtemps.
Le grand économiste russe Nicolaï Kondratieff a été fusillé au goulag, en 1938, sous Staline, pour avoir dit que la crise du capitalisme n’était pas définitive.
La séparation de la
production et de la consommation, la concurrence entre les producteurs, le
conflit entre le capital et le travail, les mécanismes financiers qui font
gonfler puis éclater les bulles, le passage d'argent d'une activité économique à
une autre sont des sources d'instabilité qui ont caractérisé le capitalisme
depuis ses tout débuts et continuera sans doute de le faire.
Autre lien : http://www.larousse.fr/encyclopedie/divers/capitalisme/30530
_______________________________________________________________
Libéralisme ?
"L'objectif du libéralisme est de créer une nation, pas des travailleurs
humbles, des travailleurs dépendants d'une petite classe riche qui seule peut
profiter pleinement des avantages d'une vie civilisée; pas des prolétaires
enrégimentés, contrôlés et livrés avec le confort normalisé par un groupe de
dictateurs ou de bureaucrates agissant au nom de l'État; mais une nation
d'individus libres, responsables et respectueux des lois, autonomes. Hommes et
femmes à l'abri de la servitude, de la pauvreté (pour autant qu'il soit possible
pour les hommes), de la tyrannie des circonstances; avec un corps sain et alerte
et des esprits bien formés; profitant d'une véritable égalité des chances et de
leurs capacités pour leur propre avantage et celui de la communauté, et ayant le
pouvoir de choisir le mode de vie pour lequel ils sont faits; avoir un réel
partage des responsabilités pour réguler la gestion de leurs affaires, les
conditions de leur propre vie et travail; et la sécurité de suffisamment de
temps libre pour vivre une vie pleine et entière et profiter des plaisirs de la
nature, des lettres et des arts".
(Londres).
Le libéralisme a une longue histoire.
Sa genèse au 17e siècle a coïncidé avec la dissolution des relations féodales
et l'émergence de la société capitaliste moderne.
Les premiers libéraux
étaient des radicaux protestants qui ont contesté les hiérarchies
ecclésiastiques et laïques au nom des droits de la personne, alléguant que les
gens ordinaires étaient compétents pour juger des affaires du gouvernement ainsi
que de choisir leur propre voie vers le salut éternel.
Depuis ce moment-là,
les libéraux ont été à l'avant-garde des mouvements d'émancipation des individus
des contraintes politiques, religieuses, économiques et autres sur leurs
activités, et ils ont constamment fait campagne pour une société plus ouverte,
plus tolérante et diversifiée, moins paternaliste et autoritaire.
En tant
que tel, le libéralisme fournit une carte idéologique des grandes luttes
politiques et des développements qui ont eu lieu en Grande-Bretagne et ailleurs
au cours des 300 dernières années.
L'adjectif "libéral" a désigné pendant
des siècles un esprit ouvert et tolérant.
A partir du début du 19e siècle, l'utilisation du nom est apparue et utilisée pour désigner les partis et
mouvements politiques.
Pour les historiens le terme fut une notion commode pour
classer les courants idéologiques associés à l'évolution des sociétés
post-féodale.
Les libéraux eux-mêmes renforcent souvent l'impression que leur
doctrine n'est presque rien d'autre que l'expression politique de ces valeurs
civilisées dénotée par l'adjectif "libérales". "Se comporter de façon
libérale".
L'histoire que les libéraux sont enclins à raconter pour
histoire de leur doctrine est un mouvement pour l'émancipation successive des
formes de pouvoir arbitraire et de la désuétude des privilèges.
Il s'agit
d'une entreprise héroïque dans laquelle les porteurs de la flamme de la liberté
émergent désireux de créer une société plus juste, plus pluraliste, qui donne
aux particuliers un vaste espace permettant de façonner leur vie selon leur
propre conscience et leurs propres préférences.
Historiquement, les libéraux ont en effet eu l'intention de libérer les
individus de l'emprise du pouvoir arbitraire, et en tant que champions de la
liberté, ils ont préconisé la dispersion de l'autorité dans l'ensemble de la
société sur l'hypothèse que la masse des gens sont digne de confiance pour agir
de façon responsable, sans intervention de l'État.
Vers la fin du 19e
siècle, toutefois, certains libéraux ont abandonné cet idéal d'un État
minimal dans lequel le droit d'acquérir la propriété privée est
sacro-saint.
Aux yeux de ces libéraux, les inégalités flagrantes du
capitalisme concurrentiel portaient atteinte à la liberté des personnes dont la
lutte pour la survie leur offrait peu de possibilités d'exprimer le meilleur de
leurs capacités.
Une position qui fit répondre par
d'autres que la société libérale ne peut pas être une société égalitaire, puisque la liberté inclut la liberté pour faire
des progrès et les libéraux ne peuvent
pas accepter de limiter l'énergie des individus. "Au contraire, nous devrions essayer d'assurer l'égalité des chances, acceptant l'implication
que ceux qui saisissent des occasions iront plus rapidement
et plus loin que ceux qui ne font
pas".
La
cohérence du libéralisme doit sans doute être trouvée dans la façon dont une volonté
permanente d'un droit égal à la liberté a été donnée dans différents contextes
historiques.
Néolibéralisme ?.
Le terme a été inventé pour la première fois dans le
monde de l'après Première Guerre mondiale en Allemagne par un petit cercle
d'économistes et de spécialistes en droit affilié à "l’École de Fribourg" pour
désigner leur programme modéré de revitalisation du libéralisme classique.
Dans les années 1970, un groupe d'économistes latino-américains l'ont
adopté pour désigner leur modèle "neoliberalismo" pro-marché.
Au début
des années 1990, toutefois, les critiques de gauche sur la réforme des marchés
dans les pays du Sud ont couvert le mot de 'néolibéralisme' d'une signification
péjorative liée aux "Consensus de Washington", un ensemble d'institutions et de
politiques économiques accusés d'avoir été conçu par les États-Unis pour
généraliser le capitalisme américain et son système culturel
associé.
D'autres critiques ont qualifié le "néolibéralisme" comme un
slogan opaque inventé par des universitaires ou des réactionnaires nationalistes
économiques radicaux aux fins de 'déclasser' les accomplissements intellectuels
des économistes néoclassiques gagnants du prix Nobel comme Milton Friedman et
Friedrich von Hayek.
D'autres encore ont vu cela comme étant une
version postmoderne du "laissez-faire" du 18e siècle glorifiant l'intérêt
individuel, l'efficience économique et la concurrence débridée.
En dépit
de ces critiques, le néolibéralisme a pris une place dans l'esprit du
public.
Aujourd'hui, il apparaît presque quotidiennement dans les
manchettes des principaux journaux dans le monde.
Au cours du dernier quart
du 20e siècle, "néolibéralisme" a été associé à différentes figures politiques comme
Ronald Reagan, Margaret Thatcher, Tony Blair, George W. Bush...
Mais pas
un seul de ces dirigeants politiques n'a jamais publiquement adopté cette
étiquette ambigüe bien qu'ils partagent tous une certaine affinité pour des
politiques "néolibérales" visant à libéraliser les économies nationales,
libéraliser le commerce international et favoriser la création d'un marché
mondial unique.
À son apogée, au cours des années 1990, le néolibéralisme
dominait le monde.
Il fit même son chemin dans le coeur de l'ancien bloc
soviétique...
Il a confronté les pays du sud avec de nouvelles règles et
conditions pour leur développement économique.
Montrant qu'il
est remarquablement polyvalent, le néolibéralisme a même charmé les cadres du
Parti communiste chinois de l'après-Mao pour les réformes et la mise en place du
"socialisme aux caractéristiques chinoises".
 |
| Shangai (Chine) en 2007 |
À l'aube de ce nouveau
siècle, le néolibéralisme est critiqué, tout comme l'économie globale établie
selon ses principes, secouée en son coeur par une crise financière inconnue
depuis la période noire des années 1930.
L'idéal néo-libéral «du marché autorégulateur» comme moteur principal de la
poursuite rationnelle de la richesse a été le principal noyau de la pensée des
économistes depuis la fin du 18e siècle.
Opposés au mercantilisme des
monarques qui ont exercé un contrôle presque total de l'économie dans leurs
efforts d'amasser de grandes quantités d'or, en grande partie pour la poursuite
d'objectifs belliqueux, «les libéraux classiques» comme Adam Smith et David
Ricardo ont prêché les vertus «du libre marché» et du «laissez-faire»
économique.
 |
| Adam Smith 1723-1790 |
Dédié à la protection de la
propriété privée et à l'application juridique des contrats, les libéraux
classiques ont soutenu que la "main invisible" du marché assurait de la
manière la plus efficiente et efficace l'allocation des ressources tout en
facilitant les échanges commerciaux pacifiques entre les nations.
Leurs idées se sont avérées être une force efficace en fomentant les grandes révolutions du 18e siècle qui ont renversé des dynasties royales, ont séparé l'Église et État, et ont brisé les dogmes du mercantilisme.
Dans la plus grande partie du 19e siècle, les héritiers du libéralisme classique
ont cherché à convaincre les individus que la mauvaise conjoncture économique a
toujours reflété une certaine forme "d'échec de gouvernement" et généralement
trop d'ingérence de l'État.
Le 20e siècle a
bientôt fait planer un nuage gris sur ces vérités du libéralisme
classique.
L'intensité et la longévité de la Grande Dépression des années
30 a convaincu de grands économistes comme John Maynard Keynes que le
gouvernement était beaucoup plus qu'un simple "veilleur de nuit", le rôle
attribué à l'État par les libéraux classiques.
Dans le même temps,
cependant, Keynes et «les libéraux égalitaires» étaient en désaccord avec les
marxistes qui ont vu la persistance des crises économiques comme preuves pour
affirmer l'effondrement prochain du capitalisme et la victoire «d'un prolétariat
révolutionnaire» qui avait vu «les déformations idéologiques» de la bourgeoisie
dominante et de déclarer : plus jamais on ne verra des travailleurs tomber dans
le piège intelligent d'accepter leur propre exploitation au nom des idéaux
libéraux comme la «liberté», «l'opportunité», et le «dur
labeur».
Keynes, en
particulier, a préconisé des dépenses massives du gouvernement en temps de crise
économique pour créer de nouveaux emplois et augmenter les dépenses de
consommation.
Favorable au
principe du marché, mais opposé «au marché libre», le «Keynésianisme (lien)» a même
réclamé une certaine propriété d'État des entreprises nationales cruciales comme
les chemins de fer ou les compagnies d'énergie.
Adulés par leurs
partisans et détestés par les keynésiens, les néolibéraux ont réussi au début
des années 1980 en fixant les orientations politiques et économiques du monde
pour le prochain quart de siècle.
La disparition de
l'Union soviétique en 1991 et l'accélération des réformes axées sur le marché
dans la Chine communiste a conduit à la domination sans précédent du modèle
néolibéral dans les années 90.
(A suivre)